historique et origine des cartes :
Comment sommes-nous passés des coupes aux coeurs, des bâtons aux trèfles, des deniers aux carreaux, des épées aux piques et des honneurs aux atouts? assurement pas en un jour et presque à coup sûr pour des raisons culturelles, que nous qualifierions aujourd'hui d'intégration.
Car le principe du-jeu de cartes ne fut pas un produit de la culture occidentale, mais orientale. Par ailleurs, comme on va pouvoir le découvrir, il ne s'agissait pas d'un-jeu au sens de divertissement, mais d'un outil pédagogique à caractère divinatoire. En effet, pour nos ancêtres, la divination était un merveilleux instrument de l'intelligence humaine, curieuse .
et avide de comprendre et de connaître. Désormais, notre curiosité n'ayant plus d'autre raison d'être qu'utilitaire, elle est employée exclusivement dans un souci de rentabilité ce qui, bien sûr, limite son champ d'investigation et ses possibilités. On ne s'interroge plus beaucoup sur le sens ou l'essence des choses, mais sur le profit immédiat que l'on va pouvoir en tirer.
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En Italie, apparaît à Florence en 1375 un jeu de cartes, sous le nom de NAÏBBI. Il se diffusera dans toute l'Europe occidentale dès la fin du XIV nbsp;ème siècle.
En 1377, nous avons dans les archives de la ville de Viterbe, entre Rome et Florence, le premier édit règlementant ou interdisant les jeux de hazard et d'argent, où les naïbbi sont cités, apportés par le '' sarrasin '' Hayl. C'est le début d'une longue liste d'interdictions.
Le plus ancien des tarots semble être le Cary-Yale (67 cartes conservées). Il est daté du début du XV ;ème, vers 1420
Le premier tarot presque entier qui nous soit parvenu (74 cartes sur 78, il manque comme sur tous les Visconti Le Diable et La maison Dieu, ainsi que le 3 d'épée et le roi de denier) est le tarot princier des Visconti-Sforza. Il est daté du milieu du XV ème. Il s'agit du '' Pierpont Morgan Bergame '' , probablement peint par Bonifacio Bembo. De ces tarots princiers, il nous reste 239 cartes issues de 11 paquets différents. Ils sont de grande taille, en carton épais et enluminés à la main. Ils n'ont pas pu servir au jeu.
Aux jeux de cartes en usage sont ajoutées 21 + 1 cartes, que les Italiens ont appelées TRIOMPHES et les Français ATOUTS . Numérotées de 1 à 21, avec une 22 nbsp;ème non numérotée appelée le Fou, excuse ou encore le mat. Ces cartes, plus fortes, accordent la victoire face aux autres.
Le jeu de Tarot rencontre un succès foudroyant dans les couches populaires en tant que jeu d'argent.
Au XVIIIe siècle, on trouve les exemples notables de Jean Dodal vers 1701, à Lyon - il venait d'Avignon - Jean et Jean-Pierre Payen (1713 et 1745) puis par exemple ceux de Nicolas Conver(1760) à Marseille), Joseph Fautrier (au XVIIIe siècle à Marseille également).
Bien des thèmes se retrouvant sur les cartes de ces divers jeux figuraient déjà sur les cartes enluminées de Visconti et de Charles VI (parfois désigné à tort comme Tarot de Gringonneur). Ces jeux de triomphes leur sont antérieurs puisqu'ils datent du milieu du XVe siècle. Les Tarots dits de Marseille leur sont clairement apparentés. Les tarocchi de la province italienne de Lombardie sont considérés aujourd'hui comme étant les prototypes des Tarots plus récents, en tous cas il est indéniable qu'ils partagent une origine commune. Tous les jeux de cartes primitifs européens seraient eux-mêmes issus de ou inspirés par les jeux de cartes orientaux des Mamelouks - on trouve plusieurs références à partir du XIVe siècle aux jeux de nahib, naïbs, naibis qui sont devenus en Espagnol le mot naipes (cartes à jouer). Nous savons qu'il a séduit aussi les grands de ce monde ( tarots des Visconti-Sforza, Milan, vers 1425; tarot, dit de Charles VI, Italie du Nord, fin XVème siècle, etc. ). Ces tarots ont probablement servi dès le départ à la divination.
Quelques jeux populaires des XVIème (tarot de Catelin Geofroy) et XVIIème siècles (tarots de Jacques Viéville, Jean Noblet et '' anonyme parisien '' ) imprimés par gravure sur bois et mis en couleur au pochoir, sont parvenus jusqu'à nous.
A la fin du XVIIIème siècle, Court de Gebelin, s'inscrivant dans le courant de la Franc-maçonnerie naissante, affirme que le Tarot exprime une connaissance cachée par les anciens, issue de l'Égypte pharaonique.
Le XIXème siècle renforcera cette approche du Tarot pour lui conférer un caractère divinatoire et ésotérique de plus en plus affirmé.
Le XXème siècle verra s'installer la coexistence des deux utilisations : d'un côté le jeu de la Fédération, dépouillé de tout ésotérisme, avec ses images d'Epinal et ses quatre enseignes, Pique, Coeur, Carreau, Trèfle, de l'autre, les innombrables tarots divinatoires ou artistiques.
Le Tarot français dit Tarot de Marseille est un ensemble de cartes à l'origine du Tarot moderne, aux motifs anciens, médiévaux ou moyenâgeux. Depuis le XVIIIe siècle il est beaucoup associé à la Taromancie (cartomancie nbsp;utilisant le Tarot). L'appellation Tarot de Marseille remonte à 1930 avec Paul Marteau qui la crée et la consacre. Elle désigne en fait un ensemble de jeux de cartes qui reprennent une structure similaires pour les enseignes et les atouts, ensemble qui regroupe notamment les Tarots français apparus au XVIe nbsp;siècle, ceux dits de Marseille (fabriqués dans le sud-ouest de la France et particulièrement à Marseille), de Besançon(qui descend du précédent par une branche belge ou allemande) et Tarots Belges, auxquels sont apparentés des jeux de cartes italiens plus anciens (carta da trionfi et tarrochi) ou plus récents (minchiate).
Le plus ancien jeu de Tarot français conservé aujourd'hui est celui de Catelin Geoffroy à Lyon en 1557 dont il reste trente-huit cartes, aux enseignes atypiques mais rassemblant apparemment les vingt-deux atouts. On connaît du XVIIe siècle trois jeux de Tarots, tous de Paris : un Tarot anonyme dit Tarot de Paris (du XVIIe siècle, créé au début du XVIIe siècle, puis celui de Jean Noblet et celui de Jacques Viéville qui apparaissent tous deux vers 1650. Il reste également du XVIIe siècle la plus ancienne règle du jeu Tarot imprimée. Comme pour les autres cartes à jouer, la diffusion des cartes de Tarot à partir du XVIe siècle est rendue possible - outre le papier - L'invention et par le développement de la xylographie, la gravure sur bols, et de l'imprimerie donnera rapidement un essor à ce Jeu dont les figures et les symboles furent adaptés aux nôtres Et tandis que le jeu de Tarot suscitait l'intérêt que l'on sait, le Jeu de cartes gravées ou Imprimées, figurant les enseignes que nous connaissons encore aujourd'hui, était créé. Il est alors fort probable que les symboles qui furent choisis pour figurer sur nos cartes à Jouer s'inspirèrent de l'héraldique, c'est-à-dire de l'ensemble des emblèmes des blasons et des armoiries des corps de l'armée royale de France. La coupe devint ainsi le cur qui est en analogie avec l'emblème de la cavalerie du roi, lequel était figuré par la pointe du trait d'une arbalète Pour représenter le bâton, on choisit le trèfle, c'est-à dire l'emblème du corps d'intendance de l'armée royale, dont le rôle était de donner du fourrage aux chevaux. Le denier prit la forme du carreau, symbolisant la pointe du fer de lance du corps de l'artillerie Enfin, le pique fut mis en lieu et place de L'épée des arcanes mineurs, représentant ainsi l'épée, bien sûr, mais surtout le corps de l'infanterie de l'armée du roi. C'est la xylographie qui restera jusqu'au XVIIIe siècle le mode de production privilégié des cartes à jouer.
Les cartes du Tarot sont appelées lames majeures et mineures ou arcanes majeurs et mineurs par les ésotéristes et les occultistes à partir de 1863.
Aujourd'hui, les auteurs de la tendance occultiste, hermétiste ou ésotérique prêtent au Tarot divers usages: chemin initiatique, préservation d'une tradition (alchimique par exemple), etc... sans forcément remettre en question son origine historique ou sa date d'apparition.
Dans Les jeux de cartes des Mamelouks ou Les jeux à enseigne latine: outre l'ajout des vingt-deux atouts, on trouve dans le Tarot quatre honneurs par couleur au lieu de trois, et dix cartes numéraires au lieu de neuf dans les jeux de cartes espagnols.
Il est généralement admis que les cartes qui sont à l'origine du Tarot de Marseille, tout comme le Tarot de Marseille lui-même, ont été créées dans le but d'une utilisation dans des jeux d'argent. L'hypothèse qui jouit du plus large consensus chez les chercheurs est celle de Michael Dummett qui affirme que tous les usages modernes du Tarot en cartomancie ont leur source chez Antoine Court de Gébelin.
La cartomancie appliquée au Tarot de Marseille relève de la taromancie nbsp;ou de la tarologie. C'est une pratique qui se rapproche ou qui recoupe l'utilisation du Tarot divinatoire.
Il faut attendre la fin du XVIIIe nbsp;siècle pour entendre parler avec certitude de cartomancie utilisant le Tarot de Marseille, avec Antoine Court de Gébelin - même si certains auteurs présentent des indices qui feraient remonter l'usage divinatoire du Tarot à des dates antérieures.
Pour certains, le Tarot tiendrait son nom de la thora, la Loi en hébreu, constituée des cinq premiers livres de Moïse et de la Bible (la Genèse, L'Exode, le lévétique, les nombre et le Dieu téronome) qui est le code écrit de judaïsme et que les traducteurs grecs ont nommé pentateukhos (pentateuque) ou livre en cinq rouleaux. Pour d'autres l'origine du nom et '' Tarot '' se trouverait dans le nom latin de la roue, rota. Enfin, d'autres encore ont vu dans le Tarot un lien avec le Livre de Thot, le dieu scribe à tête d'ibis, le sage, le Juste et le juge suprême du tribunal divin de l'Egypte antique, qui fut assimilé à Hermès, puis à Mercure en Occident. Mais s'il est vrai que les arcanes majeurs symbolise la roue de la vie et que , enfin l'hermite, la neuvième arcane majeur, tien son nom d'Hermès, C'est bien dans le Desavatara, ancêtre indien de notre jeu de Tarot, que ce dernier trouve son origine historique et celle de son nom.