Définition
L'Ayahuasca est un breuvage hallucinogène très puissant utilisé aussi bien par les shamans du bassin amazonien que par des thérapeutes new age.
Le nom d'ayahuasca (ou yagé) est donné à un breuvage à base de lianes consommé traditionnellement par les chamans des tribus indiennes d'Amazonie. Par extension, ayahuasca est le nom donné aux lianes de la famille des Banisteriopsis dont l'écorce sert principalement à la composition de cette boisson.
Le terme Ayahuasca vient du Quechua et est formé de l'agglutination de aya et huaska. Il est traduit ordinairement par liane des esprits, vigne de l'âme.
Le breuvage, en lui-même, est connu sous différents noms en fonction des régions et des groupes ethniques : ayahuasca, ayawaska, yajé (Tukano), jagé, caapi (langues tupi), natema, natem (Jivaro), purga, pinde, Santo Daime.
Un peu d'histoire...
L'existence de cette boisson psychotrope a été rapportée pour la première fois en 1851 par Richard Spruce, un botaniste anglais qui explorait le Rio negro en Amazonie où on l'appelle caapi. Quelques années plus tard, il rencontra une boisson narcotique appelée localement ayahuasca et il eut l'intuition qu'il s'agissait de la même plante Banisteriopsis caapi.
La composition chimique de la potion a commencé à être connue dès 1957 grâce à Average Hochstein et Paradies. Puis en 1965 en France grâce à Claudine Friedberg et Jacques Poisson.
L'ayahuasca comme breuvage: dans les communautés amérindiennes, l'ayahuasca est traditionnellement utilisé pour entrer en transe dans un but divinatoire ou comme outil thérapeutique et comme puissant outil de purification lors de rituels de guérison sacrés. Cette boisson semble être consommée depuis 4000 à 5000 ans.
Comme sa composition, la préparation varie en fonction des groupes ethniques. Ainsi l'écorce est préparée en infusion dans de l'eau froide dans la partie extrême occidentale de l'Amazonie alors que dans d'autres endroits cette infusion se prépare par une longue ébullition des tiges et de l'écorce.
Des effets Hallucinogènes...
Voici quatre types d'usage principaux de l'ayahuasca :
* l'usage chamanique, traditionnel, lié aux échanges avec les esprits de la surnature, permettant d'accéder à des fonctions thérapeutiques, mais aussi à celles permettant de se concilier la faveur des esprits afin d'obtenir du gibier. Dans le nord-ouest de l'Amazonie, l'ayahuasca sert aussi à donner du courage aux jeunes garçons lors d'une cérémonie connue sous le nom yurupari.
* l'usage des guérisseurs, strictement thérapeutique, dont les conceptions sont le fruit entre la rencontre des conceptions chamaniques et celles des guérisseurs espagnols ayant migré au Pérou. Layahuasca est pensée comme une purge qui nettoie le corps, le cur et lesprit
* l'usage des adeptes du Santo Daime. Dans la religion du Santo Daime, originaire de l'État du Acre au Brésil, l'ayahuasca rebaptisée Santo Daime (même nom que la religion elle-même), est utilisée comme sacrement, à l'instar de l'hostie dans la religion catholique, qui n'est cependant qu'une mince rondelle de pain non fermenté (pain azyme).
* l'usage des occidentaux dans le cadre des concepts du New-Age et du développement personnel.
Pourquoi l'Ayahuasca ?
L'ingestion d'ayahuasca qui est purgatif, entraîne des vomissements, notamment du fait de son amertume. C'est pourquoi l'écorce fraîche est parfois chiquée ou réduite en poudre pour être prisée comme c'est le cas dans certaines parties de l'Orénoque (fleuve d'Amérique du sud). La prise de la plante se fait dans un cadre rituel, de préférence dirigé et contrôlé par un chaman.
Suite à l'ingestion et aux problèmes digestifs consécutifs apparaissent une euphorie et des hallucinations auditives et visuelles d'abord dans des teintes bleues ou violettes.
Cet hallucinogène procure des visions interprétées comme des phénomènes de clairvoyance et sont souvent considérées par certaines sociétés amazoniennes, comme plus réelles que le monde du quotidien. Selon les Amérindiens, les hallucinations sont de deux types soit des scènes avec des animaux (jaguars, serpents) soit sous forme de paysages ou de villes. De nombreux témoignages font état d'experience mystique.
Un usage médicinal...
Il faut savoir que, chez les Amazoniens, il existe plusieurs niveaux de pratique médicinale:
1. La médecine populaire basée sur des recettes qui ont fait leurs preuves.
2. La pratique de los curiosos, c'est-à-dire celle de ceux qui investiguent, et s'intéressent à une maladie en particulier ou bien à une plante particulière. Cette connaissance est en fonction de leur expérience personnelle souvent occasionnée par un cas rencontré dans leur famille. Ils sont comme des spécialistes ponctuels.
3. La médecine des Curanderos, guérisseurs, initiés et formés à travers un long apprentissage transmis par leurs aînés.
Les médecines traditionnelles sont avant tout pragmatiques, mais nous apprennent à revenir à la notion de Sacralité. Dans le travail avec les plantes, il ne s'agit pas que d'usage de plantes; il y a beaucoup d'autres apports: diètes, parfums, danses et ouvertures sur de nouveaux panthéons. C'est dire que ce travail avec les plantes ne serait rien sans le corps de connaissance qui va avec, incluant techniques rythmiques, olfactives, utilisation de parfums, rituels. Chez les Amazoniens, on ne peut pas concevoir la plante au-delà de la pratique holistique qui va avec.
La modification de la conscience est basique et tout à fait naturelle. Nous pratiquons, mais connaissons mal diverses sortes d'états et modifications spontanées provoquées par, orgasme, hyperthermie, danse prolongée, efforts sportifs. En induisant ces états, par l'usage de plantes en particulier, et en les contrôlant, les chamanes sont devenus des experts dans l'art de la modification du champ de conscience.
L'Ayahuasca, plante sacrée, vénérée entre toutes et utilisée depuis des millénaires dans le bassin amazonien, inhibe l'hémisphère cérébral gauche où siègent les fonctions épi-critiques et la rationalité. Elle permet de réactiver l'intuition, d'exacerber les fonctions mélodiques du cerveau droit. Les fonctions mélodiques sont celles qui donnent les sensations, les couleurs et les émotions, s'il n'y a pas cette ambiance mélodique, on ne peut pas se souvenir. Il est difficile de formaliser nos expériences intérieures à l'aide de mots quand elles se situent dans le préverbal. À l'inverse, on constate que nos spectres perceptuels fonctionnent de manière réduite car ils correspondent la plupart du temps à nos spectres verbaux et le verbe réduit la restitution de l'expérience. Avec l'Ayahuasca, on peut avoir des expériences supra verbales mais la transmission de ce savoir est impossible par la voie rationnelle.
La possibilité d'atteindre des espaces au-delà du verbal permet aussi de toucher des patients qui ont des pathologies mentales difficiles à traiter. C'est un peu comme si on apprenait une nouvelle langue pour communiquer avec eux. Les zones de l'infra verbal étant accessibles à tous les êtres humains, les champs d'applications sont considérables au niveau de la psychopathologie. On peut traiter également ceux qui ne symbolisent pas, entre autres ceux qui ne se souviennent jamais de leurs rêves. Avec les plantes, on peut accéder rapidement au niveau symbolique, même si ce n'est pas dans le patrimoine génétique et culturel du patient. Il peut y avoir une médiation. Voici l'exemple de la Vierge et du rocher. Un patient avait reçu pour message d'aller graver une vierge dans du rocher. Il y avait une symbolique évidente liée à l'intégration du féminin dans la psyché durcie de cet homme peu ou pas en contact avec son monde émotionnel, mais cela lui échappait totalement. Ce patient a accompli cette vision de façon très concrète en gravant une vierge dans un rocher sans se l'expliquer ni aller plus loin dans un essai de compréhension, pourtant l'effet thérapeutique s'est fait sentir. Cet exemple montre qu'il n'y a pas forcément d'intégration au niveau du cortical conscient. Ce n'est pas toujours indispensable pour un travail de thérapie. Nous saluerons Jung au passage en disant qu'à travers les fonctions sympathiques et para sympathiques de notre système nerveux autonome s'exprime la somatisation de notre inconscient. Jung est le premier à avoir parlé des complexes et archétypes, contenus de l'inconscient qui peuvent fonctionner dans notre psyché à notre insu et de manière autonome. Il est parfois très difficile d'atteindre ces contenus et de les conscientiser, puisque que leur nature est d'être autonomes justement.
Dans les médecines traditionnelles, qui répondent souvent à des espaces vides de la médecine allopathique, le corps est vu comme une inscription somatique de l'univers. Dans le '' Connais Toi Toi-même '' , il s'agit de notre corps. Le corps est l'instrument de l'initiation, mais ce corps n'est pas seulement physique, il est aussi énergétique. On parle de toutes les divisions du corps, de son inscription non seulement dans l'espace mais aussi dans le temps; ainsi cet espace initiatique permet également un accès à la mémoire transgénérationnelle.
Pour les Amazoniens, Pacha Mama est la Terre Mère, elle est aussi le Cosmos tout entier dont l'activité est consciente et intelligente, beaucoup plus que biologique. L'être humain peut communiquer avec toutes ces intelligences, mais il lui est difficile de sortir de l'anthropomorphisme parce que la spécificité humaine, c'est que l'homme n'est pas un animal. Une des pires transgression dans le chamanisme est de se laisser posséder par sa partie animale. Celle-ci correspond à des parties psychiques non évolutives, on pourrait dire non humanisées.
Le travail est très sophistiqué avec l'Ayahuasca, très précis. Il faut que le mélange soit cuit, si c'est cru ça ne marche pas, mais pas trop cuit sinon les principes actifs sont détruits. En ce qui concerne les techniques d'investigation de connaissance des plantes et de leur utilisation, la transmission de savoir se fait de façon non verbale par les rêves, les chants, les diètes. Nous connaissons deux modes cérébraux, deux cerveaux, le droit et le gauche. Selon le modèle de Mac Lean, notre cerveau est tri unique: il est composé du cerveau reptilien, du cerveau limbique et du cortex. Les plantes agissent au niveau reptilien et limbique, c'est-à-dire au niveau du somatique le plus profond, de ce qui n'est pas conscient en surface ni même en profondeur.
Y aurait-il à travers leur action des possibilités de mutations génétiques ? Les champs d'investigation sont vastes car on atteint le circuit et le pont limbaires, jonction entre cerveau droit et cerveau gauche. Si l'on revient au modèle du cerveau tri unique, on a là un symbole trinitaire comme celui d' une élévation asymptotique sur la spiritualité. Dans le monde ancestral et tribal amazonien règne la dualité, la loi d'équilibre et de réciprocité, la loi de rétribution. Par exemple on donne des paiements en gibier à la Terre Mère.
Dans les sociétés tribales, la loi du groupe est prédominante, le but est la collectivité. Supposons deux groupes A et B. Le chamane du groupe A doit protéger les siens et les soigner mais pour garantir cela, le groupe B doit être plus faible, donc ce chamane pourra projeter son agressivité sur lui. En Occident, l'accent est mis sur l'individu. À travers le processus d'individuation, le sujet est appelé à ne plus agir de façon projective et il voit son ombre. Cependant on assiste à un phénomène de transfert du monde tribal et guerrier dans le monde occidental qui se traduit par des luttes de pouvoirs, sectes, gourous et dangers réels.
Les médecines traditionnelles sont à l'opposé de la croyance: avec elles on passe de la croyance à la foi. Tout se vérifie dans son propre corps, dans la foi.
C'est un changement de paradigme, de cadre conceptuel.
Du binaire on passe au trinitaire.
Du temps linéaire on passe au temps circulaire.
De la pensée causaliste on passe à la vision métaphorique.
De la croyance, on va vers la foi.
Il y a pourtant des dangers liés à cette translation culturelle. Toute opération de modification de la conscience nécessite un contexte précis, un but précis, c'est-à-dire une intentionnalité claire. Il faut aussi un guide qui est présent et nous aide à revenir, sains, saufs et enrichis de notre expérience.
L'Ayahuasca que nous vous proposons provient d'Amazonie plus précisément sur Sud Est de la région de Lago Agrio en équateur. Il existe plusieurs variétés de cette plante: rouge, jaune et noire. Nous importons uniquement cette dernière car c'est celle la plus utilisée par les chamans et la meilleure qualité. Elle est déjà pilonnée et est vendue dans un cadre ésotérique et de curiosité. Comme l'indique clairement nos conditions générales de vente '' Les explications et commentaires des produits étant établis suivant les traditions ésotériques, nous déclinons toutes responsabilités en cas de mauvais usages de ceux-ci. La responsabilité de Magicka n'est nullement engagée en ce qui concerne les résultats ou propriétés données aux différents articles. Aucun de nos produits ne doit être destiné à l'usage alimentaire. Ils ne remplacent en aucun cas la médecine et ses prescriptions. ''